B- Des énergies nouvelles pour un développement durable.
Pour contenir l'augmentation de la température au dessous de 2°C au cours du 21ème siècle, il faudra diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050 dans les pays industrialisés.
Pour que cela puisse se faire il va falloir changer radicalement nos modes de vie et commencer à limiter nos émissions en mettant en place des politiques énergétiques qui permettront le développement des énergies renouvelables et l'amélioration de l'efficacité énergétique.
Bien évidemment personne ne s'attend à ce que l'économie mondiale parvienne à se passer des énergies fossiles dans les prochaines décennies. Il s'agit donc d'ouvrir une nouvelle phase dans l'histoire de l'ère industrielle, durant laquelle les énergies renouvelables viendront s'ajouter aux énergies fossiles, dont le poids dans le total énergétique mondial viendra à diminuer petit à petit.
Le défi est de taille car on part de loin même si aujourd'hui les énergies renouvelables pèsent déjà 13.1% dans l'approvisionnement énergétique mondial.
Quelles sont ces énergies renouvelables ?
On en récence trois de nature différentes : l'hydroélectricité ; les « nouvelles énergies renouvelables » (géothermie, solaire, éolien) ; la biomasse (principalement le bois et les déchets urbains, agricoles ou animaux).
• L'énergie hydroélectrique. Cette énergie a un potentiel de développement important car un quart seulement des grands réservoirs utilisés pour l'irrigation sont équipés de turbines génératrices d'électricité. Malgré son potentiel cette forme d'énergie présente l'inconvénient de ne pas être localisée nécessairement au bon endroit en matière de température. D'où des aménagements couteux aux conséquences écologiques discutables (lignes haute tension). L'hydroélectricité a en fait reculé en passant du 2ème rang des sources d'électricité mondial au 4ème en cinq ans.
• Les énergies solaire et éolienne. Ces sources d'énergie sont utilisées localement ce qui est leur grand atout, et progressent rapidement. L'éolien bénéficie de technologies efficaces même si des progrès sont encore à venir dans l'efficacité des turbines. Son réel problème réside dans la limitation du nombre de sites qui disposent d'une météorologie suffisamment venteuse.
Pour l'énergie solaire les perspectives de croissance sont encore plus prometteuses.
Ce type d'énergie est bien adapté au chauffage domestique (même dans les zones peu ensoleillées). Quant à la production d'électricité (solaire photovoltaïque) cette source d'énergie est en passe de devenir économiquement compétitive pour les pays qui ont le plus investi (Japon, Californie)
• La biomasse. Cette forme d'énergie reste le dossier le plus complexe. La biomasse par exemple consiste à concevoir un chauffage urbain à partir de la valorisation des déchets ménagers ou un réseau de distribution de gaz en ville par fermentation des déchets agricoles, ou encore à remplacer l'essence par de l'éthanol dans les réservoirs de voitures. Son utilisation nécessite la modification de nombreuses infrastructures. D'autre part, cette énergie n'est pas forcément si respectueuse que cela de l'environnement. Le cas des agro carburants démontre que la limitation des émissions de gaz à effet de serre est contrebalancée par des cultures intensives qui ne pourraient qu'accroitre d'autres inconvénients (pesticides, érosion des sols).
Au final l'hydroélectricité est en panne ; l'éolien et le solaire sont en développement rapide mais sont partis de très bas, et la biomasse soulève des questions notamment environnementales.
Mais comment faire alors pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre ?
Pour cela il faut améliorer l'efficacité énergétique et encourager la sobriété énergétique en supprimant tous les gaspillages lourds et couteux à tous les niveaux de notre société et dans nos comportements individuels.
A cet égard, l'utilisation pertinente de l'énergie peut être considérablement améliorée, à niveau de vie égal. La simple application rigoureuse de réglementations existantes dans le bâtiment, les investissements dans les équipements électriques, les appareils ménagers ou les constructions à meilleur rendement sont des pistes à approfondir.
Combiné à une utilisation accrue des énergies renouvelables, cet effort dans la construction d'équipement (notamment immobilier) privilégiant une utilisation raisonnée de l'énergie disponible, constitue un enjeu majeur pour l'avenir.